# Comment j’ai recruté des équipes performantes et engagées

> Pendant six ans, j’ai construit des équipes reconnues pour leur performance et leur engagement. Voici la méthode de recrutement qui m’a permis d’y parvenir.

- Author: Jérôme Giacomini
- Language: fr
- Canonical URL: [Comment j’ai recruté des équipes performantes et engagées](https://jeromegiacomini.net/fr/articles/2026/08/31/comment-jai-recrute-des-equipes-performantes-et-engagees)
- Published: 2026-08-31
- Last modified: 2026-08-31
- Topics: Management, Recrutement, Équipes, Ingénierie logicielle

Pendant six ans chez Ketchapp, j’ai construit et fait grandir plusieurs équipes techniques, notamment en développement, en QA et en Data Engineering. J’ai recruté des profils différents, pour des métiers qui avaient chacun leurs contraintes, leurs responsabilités et leur manière de contribuer aux objectifs de l’entreprise.

Au fil de cette expérience, une conviction s’est imposée : **une équipe performante ne naît pas simplement de l’addition de personnes compétentes**. Elle se construit autour d’une mission claire, d’attentes partagées et d’une compréhension honnête du travail à accomplir.

**Et cet alignement commence dès le recrutement.**

## Recruter le plus vite possible : une fausse bonne idée

Lorsqu’une équipe manque de ressources, le premier réflexe est souvent de **vouloir ouvrir un poste au plus vite**. Dans l’urgence, chaque semaine semble compter et prendre du temps pour préparer le recrutement peut donner l’impression de retarder la solution.

C’est pourtant une fausse bonne idée. **Un recrutement lancé sans avoir suffisamment défini la feuille de route, la mission et les responsabilités du futur collaborateur a toutes les chances d’échouer.** Même une excellente personne ne pourra pas réussir durablement dans un poste dont le périmètre reste flou ou ne correspond pas à ce qui lui a été présenté.

Avant de publier une offre, il faut donc prendre le temps de comprendre pourquoi l’équipe recrute, ce que la personne devra accomplir, les compétences réellement indispensables et celles qu’elle pourra développer. Il faut aussi pouvoir décrire son quotidien, ses interlocuteurs, ses contraintes et la manière dont sa réussite sera évaluée.

Le recrutement demande ensuite une véritable disponibilité. Il faut concevoir le poste, préparer sa présentation, étudier les candidatures, recevoir les candidats dans de bonnes conditions et répondre à leurs questions avec le plus de transparence possible. Si le responsable du recrutement n’a pas le temps de mener correctement ces étapes, l’urgence finit par dégrader la qualité de chaque décision.

Recruter dans la précipitation devient alors contre-productif. On risque de présenter une mission incomplète, de privilégier une disponibilité immédiate au détriment de l’adéquation réelle et de choisir une personne capable de répondre à la pression du moment, mais pas nécessairement à la mission de demain. De son côté, le candidat prend également sa décision à partir d’informations insuffisantes.

Prendre son temps ne signifie pas faire durer inutilement le processus. Cela signifie préparer le recrutement avant de le lancer et rester disponible pendant son déroulement. **Quelques jours consacrés à clarifier la mission peuvent éviter des mois de malentendus**, un nouveau recrutement ou le départ prématuré d’un collaborateur.

C’est parce que j’avais déjà fait ce constat lors de mes précédentes expériences professionnelles que j’ai choisi d’appliquer une stratégie très différente.

## Commencer par présenter l’équipe

J’ai créé une présentation que j’utilisais au début de chaque entretien. Avant de demander au candidat de détailler son parcours, je commençais par lui présenter l’entreprise : son activité, ses différents services, leurs responsabilités et la manière dont ils collaboraient.

Je présentais ensuite plus précisément mon service, sa place dans l’organisation, les équipes qui le composaient et ce que nous faisions au quotidien. Cette progression permettait d’aller du contexte général jusqu’à la mission concrète pour laquelle nous recrutions.

Cette présentation abordait notamment :

- l’activité de l’entreprise et son organisation ;
- les différents services et leurs interactions ;
- le rôle de mon service au sein de cet ensemble ;
- la mission de l’équipe et les problèmes qu’elle devait résoudre ;
- les personnes qui utilisaient nos outils ou dépendaient de notre travail ;
- les technologies réellement employées au quotidien ;
- ce qui existait déjà et ce qui restait à construire ;
- les principales contraintes techniques et organisationnelles ;
- le niveau d’autonomie et les responsabilités attendus.

Le but n’était pas de réciter une présentation institutionnelle ni de vendre le poste à tout prix. Je voulais **donner une vision suffisamment précise de sa réalité**, y compris de ses aspects les moins spectaculaires.

**Un candidat ne devrait pas découvrir plusieurs semaines après son arrivée ce qu’il aurait été possible de lui expliquer pendant l’entretien.**

Très souvent, les candidats me disaient à la fin de l’échange qu’ils avaient apprécié cette présentation détaillée. Elle leur permettait de mieux comprendre l’entreprise, de situer l’équipe dans son environnement et de se faire une idée beaucoup plus concrète du poste avant même de parler de leur propre parcours.

## Réduire le stress pour améliorer la discussion

Commencer l’entretien de cette manière avait un autre avantage : **le candidat n’était pas immédiatement placé dans une situation où il devait se vendre**.

Il disposait d’abord d’un contexte. Il savait qui nous étions, ce que nous cherchions à accomplir et les raisons pour lesquelles nous souhaitions renforcer l’équipe. Cela réduisait une partie du stress et rendait la suite de la discussion beaucoup plus concrète.

Lorsque venait le moment de parler de son expérience, le candidat pouvait établir des liens avec la mission, expliquer ce qui l’intéressait et signaler ce qui lui semblait plus éloigné de ses attentes.

Ses questions devenaient également plus précises. Elles ne portaient plus seulement sur les technologies ou les avantages du poste, mais sur les responsabilités, les arbitrages, les utilisateurs et la manière dont le travail était réellement organisé.

**L’entretien ressemblait alors davantage à une conversation professionnelle qu’à un examen.**

## Chercher le point de rencontre

Après avoir présenté l’entreprise, l’équipe et la mission, je laissais le candidat revenir sur son parcours. Nous avions alors chacun présenté la partie que nous avions préparée : moi, le contexte et le poste ; lui, son expérience, ses compétences et ses attentes.

À partir de là, la discussion devenait beaucoup moins structurée, parfois même un peu chaotique. Nous rebondissions naturellement sur un projet, une contrainte, une envie ou une interrogation. **C’est souvent à ce moment-là que les échanges les plus intéressants commençaient** : nous ne suivions plus un déroulé prévu et cherchions concrètement où son parcours, ses envies et notre mission pouvaient se rejoindre.

Une hésitation exprimée pendant cette discussion **n’était pas forcément un mauvais signal**. Elle pouvait au contraire montrer que le candidat avait compris la mission et qu’il essayait honnêtement d’évaluer si celle-ci lui correspondait.

L’équipe évaluait une candidature, mais **le candidat devait également pouvoir évaluer l’équipe**. C’est dans cet échange plus libre que nous pouvions réellement déterminer si nous avions envie de travailler ensemble.

## Ce que j’en retiens après six ans

**Au cours de ces six années, cette méthode ne m’a jamais fait défaut. Toutes les personnes que j’ai recrutées se sont révélées très performantes et heureuses de travailler avec nous.** Ce résultat ne venait pas uniquement de la qualité des profils : il reposait aussi sur l’alignement construit avant même leur arrivée.

**S’investir fortement dès le début du recrutement est souvent décisif.** Une présentation préparée avec soin, le temps accordé aux échanges et des réponses précises peuvent faire la différence lorsqu’un candidat hésite entre plusieurs entreprises. Cet investissement lui montre que sa venue compte et que l’équipe sait pourquoi elle souhaite le recruter.

**Cet engagement devient alors réciproque.** Plus le candidat comprend la mission et participe à une discussion sincère, plus il commence lui-même à se projeter et à s’investir dans la future collaboration.

**La performance d’une équipe ne commence donc pas le premier jour de travail d’un nouveau collaborateur.** Elle commence au moment où l’on définit pourquoi on souhaite le recruter, puis dans la qualité des échanges qui permettent aux deux parties de décider si elles ont de bonnes raisons de travailler ensemble.

> Un recrutement réussi ne consiste pas seulement à trouver une personne capable de faire le travail. Il consiste à créer les conditions pour qu’elle ait envie de le faire avec l’équipe.

Comme le dit la célèbre morale de La Fontaine : **« Rien ne sert de courir ; il faut partir à point. »**

_Par respect pour les personnes concernées, les situations évoquées dans cet article sont volontairement présentées sans détails permettant d’identifier des cas individuels._
